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La LoupBar

La LoupBar Brasserie artisanale à Moyon_Bière locale Manche

OUEST FRANCE – Moyon brasse la bière, le village du Saint-Lois se fait mousser

 » La rencontre

Éric Chollet se souvient très bien de cette journée de juillet 2019. Ce jour-là, il entre à la mairie de Moyon pour officialiser son activité. « Mais c’est une manie, lui lance la secrétaire. Il y en a déjà un qui est venu la semaine dernière. » À quelques jours et quelques kilomètres de distance, deux brasseries artisanales lancent leur bière dans la commune. La Loup bar et les Brassins du Dillon. Et depuis, ça mousse ! Merci pour eux !

Entre collègues et voisins, ils se connaissent et passent parfois des commandes en commun. Mais ces temps-ci, ils ont plutôt la tête dans le guidon. « Avec 3 500 ou 4 000 litres par brassin, on a du mal à suivre, note Benoît Lepelley, un des trois créateurs de la Loup bar. La bière locale et artisanale est un marché tellement porteur qu’on n’a pas peur de la concurrence. »

Axel Viard et Benoît Lepelley brassaient en amateurs depuis 2014, pour leur plaisir et celui des copains. « Mais on mettait sept heures pour en faire 40 litres… », raconte Benoît Lepelley. Un jour, ils décident de se mettre la pression pour passer à la vitesse supérieure. Des tanks à lait récupérés dans le Nord et en Corrèze sont adaptés à leur projet. Une formation plus tard, les voilà brasseurs.

Rejoints par Camille Janvier, graphiste qui a créé leurs étiquettes, les trois Moyonnais, d’adoption ou de toujours, s’installent au pays et baptisent leurs cinq bières du surnom des habitants du village : « Les Loups de Moyon, comme il y a les Chiens de Tessy ou les Blaireaux de Beaucoudray… »

Micro et nano-brasserie

Un an après ses débuts et un investissement de 70 000 € seulement, la Loup bar est déjà à l’étroit dans la zone artisanale de la Besnouvière. Les cartons s’empilent et il n’y a pas de place pour une embouteilleuse mécanique. Tout se fait encore à la main.

La Loup bar a déjà ses clients. « On vend en grande et moyenne surfaces dans le Centre-Manche, à Caen et au Mont-Saint-Michel. On a aussi deux points de vente à Paris et un à Nantes », résume Benoît Lepelley, ravi d’avoir vu le chiffre d’affaires prévisionnel largement dépassé. Les bars ? « On en a quelques-uns mais on ne les démarche pas trop pour le moment. On va d’abord reconstituer le stock. »

Éric Chollet avec sa production mensuelle des Brassins du Dillon | OUEST-FRANCE

Quand on laisse la Loup bar et ses bières à deux pas du bourg, on peut prendre la route du Mesnil-Herman pour aller découvrir d’autres saveurs. C’est là, au bout d’un long chemin, qu’Éric Chollet a fait de sa passion une deuxième activité. « Si la Loup bar est dans la catégorie des micro-brasseries, alors, moi, je suis un nano-brasseur », sourit cet informaticien, depuis longtemps adepte du télétravail.

À la carte des Brassins du Dillon, du nom d’un ruisseau tout proche, une dizaine de bières blondes, dorées, ambrées, brunes… Et d’autres à la pomme, à la mûre, à la pêche et même à la vodka. Une variante inventée à la demande des amis de ses filles. « Je fais des quantités très modestes, autour de 1 200 bouteilles par mois, qui sont à peu près toute là », ajoute-t-il en montrant une étagère.

Depuis un an, le nano-brasseur écoule sa production chez lui et dans quatre points de vente des environs. Parmi eux, une fleuriste de Torigni qui propose des produits locaux sous forme de paniers-cadeaux. « Elle en a déjà pris 600 ou 700 bouteilles. »

Les Brassins du Dillon ont donc, eux aussi, trouvé leur clientèle. « Je pourrais monter à 1 500, peut-être 2 000 bouteilles par mois, sans changer ma façon de brasser. » Mais il n’ira pas plus loin. Enfin si, un tout petit peu plus loin… Car Éric Chollet compte bientôt tout maîtriser de A à Z. D’ici un an ou deux, il envisage de cultiver lui-même l’orge et le houblon nécessaires à sa production. Les Brassins du Dillon, une bière 100 % manchoise ! »

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